Vous êtes tenté par un MBA ? Toute l’info pour (...)

Rubrique : Etudes & Formations

Dans un marché de l’emploi tendu, pourquoi ne pas reprendre ses études pour rendre son profil plus attractif ? Diplôme de haut niveau en management, le MBA est très apprécié. Mais pour qu’il booste votre carrière – et votre salaire – il doit s’inscrire en complément de l’expérience déjà acquise.

Se lancer dans un MBA : utile pour qui ?

MBA : acronyme à la mode, la formation réputée en management promet à ses participants un accès plus rapide aux hautes sphères de l’entreprise. Fortement plébiscités, les diplômés du fameux Master of business administration le sont assurément, mais sur un très petit nombre de postes, à haute responsabilité. La formation généraliste constitue avant tout un pari rentable pour les cadres - tous secteurs confondus – qui, après quelques années en entreprise, souhaitent accéder à des fonctions de direction ou développer une dimension internationale.

Pour acquérir un profil international

"Le MBA est utile par exemple pour un senior qui veut acquérir une dimension internationale qu’il n’a pas toujours", explique Coralie Foucher, manager des marchés financiers dans le cabinet de recrutement Hays. Déclinés sur une à deux années, à plein temps (full-time) ou en parallèle de son emploi (part-time), les MBA de haut niveau jouent la carte de la mixité culturelle, en rassemblant de nombreuses nationalités, du côté des participants comme des professeurs. Les semestres à l’étranger sont également monnaie courante. Les cours sont intégralement dispensés en anglais. Très bon niveau exigé, donc.

C’est d’ailleurs l’un des points forts du diplôme qui intéresse Barbara Cochard, senior manager en charge du secteur Employment strategy & Operations chez EADS, groupe d’aéronautique et de défense qui embauche quelques profils MBA sur des fonctions d’encadrement et de stratégie. Parmi ses critères-clés de recrutement figurent en effet la capacité à travailler en équipe multiculturelle et la maîtrise des langues étrangères.

Une vision plus globale pour les ingénieurs

Le MBA constitue surtout une stratégie payante pour les ingénieurs très spécialisés qui souhaitent progresser dans l’entreprise et acquérir de nouvelles compétences, plus généralistes.

"Un MBA peut être très utile pour ceux qui viennent de filières techniques éloignées des dominantes de l’entreprise, comme les ingénieurs, les médecins, les juristes ou les biologistes, estime ainsi José Milano, directeur du développement des ressources humaines du groupe Axa France. Des profils qui auraient besoin d’un vernis généraliste en gestion et management."

Responsable du département recrutement chez Areva, Jérômé Eymery est précisément intéressé par la double compétence qu’apporte le MBA aux ingénieurs, surtout sur des postes de contrôleurs de coûts ou d’acheteurs. Chez EADS également, les ingénieurs qui ajoutent cette formation sur leur CV constituent des profils attractifs.

José Milano nuance toutefois : "Lorsque nous recherchons des ingénieurs sur le secteur des "grands risques d’entreprises" par exemple, le MBA est vu comme un plus. Mais ce n’est pas indispensable." En effet, selon les politiques d’entreprise, la mention MBA sur le CV peut parfois se révéler inutile. "Chez Axa France, on ne rentre pas directement sur des postes de managers. On intègre d’abord l’entreprise à des fonctions techniques avant d’évoluer vers le management", détaille-t-il. D’où le peu d’attrait, parfois, pour les profils MBA, qui postulent immédiatement à des postes à responsabilités.

Une démarche professionnelle cohérente

Réputé, le Master of business administration ne suffit donc pas en soi pour s’ouvrir toutes les portes de l’entreprise. "Cela ne sert à rien de faire un MBA pour faire un MBA", rappelle Jérôme Eymery, responsable du département recrutement chez Areva. Le plus important ? "Inscrire cette formation dans une démarche professionnelle cohérente, que le candidat pourra justifier lors de son entretien d’embauche", estime-t-il.

"Il ne faut pas que la crise pousse automatiquement tous ceux qui sont en difficulté vers un MBA. Un cadre au chômage doit surtout se demander si les fonctions business et management sont celles qui l’attirent, plus que le volet technique ou mécanique de son métier, s’il est ingénieur notamment. Si ce n’est pas le cas, mieux vaut poursuivre sa recherche d’emploi vers des postes qui lui correspondent", explique le responsable recrutement du groupe nucléaire.

Car le MBA coûte cher

Le MBA peut en effet être très bénéfique pour son titulaire, mais ce n’est pas toujours le cas. "Certains cadres, après un licenciement ou une démission, se sont lancés dans un MBA. Au final, ils n’ont toujours pas d’emploi. En plus, ils doivent rembourser le diplôme pour lequel ils se sont endettés !", raconte-t-il. La formation est effectivement onéreuse. Dans les établissements français de bon niveau, il faut compter entre 20.000 et 50.000 € pour un MBA full-time. Un tel investissement se justifie par l’augmentation de salaire promise à l’arrivée mais aussi l’accès à un réseau professionnel haut-de-gamme.

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