Séminaire d’Epistémologie & Biologie (...)

Rubrique : Nice Universitaire

Séminaire d’Espitémologie et Biologie Théorique 2011 - 2012 :

« La chimie de l’usure et le vieillissement : Pas de fatalité ! »

Miroslav Radman

Professeur à la Faculté de Médecine de l’Université R. Descartes Paris 5 et membre de l’Académie des Sciences ; Hôpital Necker

Résumé :

Les études des organismes les plus robustes nous ont indiqué ou se situent les fragilités fondamentales biologiques des organismes « normaux », comme le notre : elles sont au niveau des molécules porteuses des fonctions vitales – les protéines, plutôt qu’au niveau de l’ADN. Car, les protéines réparent l’ADN endommagé et pas vice versa. La mort des cellules bactériennes et animales corrèle parfaitement avec la mort des protéines due aux dégâts provoqués par oxydation (corrosion). Les bactéries et animaux ultra robustes doivent leur robustesse à la synthèse des petites molécules - pièges des radicaux d’oxygène qui protègent les protéines (même celles d’espèces fragiles !) contre la corrosion (1). Ceci nous concerne, car l’oxydation des protéines humaines augmente exponentiellement avec l’âge comme l’incidence des maladies et de la mort. Il nous intrigue que les protéines humaines montrent d’énormes différences dans leur susceptibilité à l’oxydation : la même protéine chez deux personnes, avec une différence minimale, peut montrer une grande différence dans sa susceptibilité à l’oxydation. Est-il possible que notre destin individuel, face aux maladies à l’âge avancée, soit inscrit dans le fameux « polymorphisme humain » - les petites différences interindividuelles dans la séquences de nos protéines, donc dans leur oxydabilité ? Les protéines de Mme Jeanne Calmant étaient-elles quasi inoxydables ? Peut-on protéger nos protéines fragiles contre leur destruction par oxydation ? Si oui, avec quoi ? Avec les molécules pièges des « ultra robustes » ? Et, quelles seraient les conséquences socio-économiques d’une jeunesse prolongée et une longévité saine ? Ces questions ont été aérées dans un ouvrage (2) et le seront au cours de la conférence.

(1) Krisko, A., and M. Radman. 2010. Protein damage and death by radiation in Escherichia coli and Deinococcus radiodurans. Proc. Natl. Acad. Sci. U. S. A. 107:14373–14377 (2) Miroslav Radman, avec D. Carton, “Au-delà de nos limites biologiques” Le Plon, 2011

Organisation :

  • Paul-Antoine Miquel

Université de Nice & CEPERC (UMR CNRS 6059), Université de Provence,

  • Franck Grammont

Équipe Systèmes Dynamiques, Interactions en Physique, Biologie et Chimie. Laboratoire J.A. Dieudonné (UMR CNRS 6621), Université de Nice & Pôle de Biologie Systémique de Nice.

Partenaires : CEPERC UMR CNRS 6059, Pôle de Biologie Systémique de Nice

P.-S.

L’adresse originale de cet article est http://actualite.unice.fr/spip.php?...