"La crise de l’Europe"

Rubrique : Nice Universitaire

Cette conférence se déroulera le mardi 20 janvier de 17h à 19h dans l’amphi 031 de la MSHS.

Elle sera donné par M. Jean-Paul GUICHARD, Professeur émérite d’économie, Centre d’excellence Jean Monnet de l’Université Nice Sophia Antipolis, Chaire Jean Monnet ad personam « Europe-Balkans-Russie »

Jean-Paul GUICHARD enseigne et donne des conférences à Nice (Université Nice Sophia Antipolis), Moscou (Université RUDN et Académie d’Administration Publique), Irkoutsk ( Université du Baïkal) , Belgrade (Académie d’économie). Il a récemment publié L’Etat-parti chinois et les multinationales (L’Harmattan, 2014) et, en collaboration avec Antoine Brunet, La visée hégémonique de la Chine, l’impérialisme économique (L’Harmattan, 2011), ouvrage traduit en neuf langues, mention d’honneur Prix Turgot 2012. Il a également publié des ouvrages collectifs dans le cadre de l’Association CEMAFI international : L’intégration euro-méditerranéenne en panne (CEMAFI international, 2013), La Russie, l’Europe et la Méditerranée dans la crise (L’Harmattan, 2013), et La grande Europe en devenir (CEMAFI international, 2014).


Résumé :

La situation de l’Europe vis-à-vis du monde est aujourd’hui considérablement dégradée par rapport à ce qu’elle fut. A la suite de l’écroulement du mur de Berlin et de l’Empire soviétique, on pouvait espérer que s’épanouisse une Europe unie et prospère ; il n’en est rien. Les tensions sont très vives entre l’Union Européenne et la Russie qui, du fait de la conjonction des sanctions économiques et de la chute du prix des produits pétroliers, entre en récession. L’Union Européenne elle-même apparait comme particulièrement divisée et affaiblie avec, notamment, un Royaume Uni jouant un jeu très « personnel » axé sur la City et les relations avec la Chine et une zone euro marquée par une profonde division Nord/Sud ; celle-ci oppose une Europe « germanique » constituée par l’Allemagne et ses dépendances (Autriche, Pologne, etc.) à une Europe du Sud , dont la France .

Cette division a une base économique : l’euro, une monnaie sans Etat (l’Union Européenne n’en est pas un) qui a supprimé, pour les pays de cette zone, la possibilité d’équilibrer leurs échanges de biens et services ; il en résulte des déficits commerciaux récurrents et très importants des pays du Sud vis-à-vis d’une Allemagne qui est de plus en plus en mesure de dicter sa loi à ses partenaires. A cela s’ajoute un problème externe d’une extrême gravité pour ces pays : leurs déficits concernent le commerce non seulement avec l’Allemagne mais aussi avec la Chine , ce qui suscite des déficits budgétaires considérables et le gonflement d’un endettement externe abyssal, un grand danger pour leur indépendance. On commence à s’apercevoir que la « construction européenne » a constitué, dans une large mesure, un relais du processus de la mondialisation dont on ressent les inconvénients aujourd’hui.

Pour comprendre la cause de cette orientation, il faut sans doute revenir aux origines mêmes de cette « idée française » qui a pu s’imposer au lendemain de la guerre ; deux conceptions, très différentes l’une de l’autre s’opposaient : celle de De Gaulle et celle de Monnet ; en dépit de l’immense prestige du Général, la « méthode Monnet » fut adoptée . La crise grave de l’Europe devrait conduire à sa mise en question.


MSHS Sud-Est
Pôle universitaire St Jean d’Angély
24 avenue des Diables Bleus
06357 Nice cedex 4


Auteur : etudiants