MOZART Grande Messe en Ut mineur K.427

Rubrique : Sortir

le 29 octobre 2017 - 16h - Eglise St Pierre d’Arène - Nice

Concert du Chœur Philharmonique

La Messe en ut mineur, la principale composition religieuse de Mozart si l’on excepte son Requiem, est très liée aux aventures et mésaventures qui accompagnent le mariage du compositeur et de Constance Weber le 4 août 1782 à Vienne. Son mariage avec Constance semble signifier un pas de plus vers son affirmation personnelle et lui permet de se libérer complètement de l’étouffante personnalité paternelle. Il convient de signaler que Mozart épouse Constance sans l’autorisation de son père qui gardera une attitude très réservée à l’égard de sa belle-fille.

Le 4 janvier 1783, Mozart écrit à son père qu’il avait fait un vœu au moment de ses fiançailles (plus de six mois auparavant) : composer une nouvelle messe et la faire exécuter à Salzbourg en hommage à son mariage avec Constance. Mozart se met donc à l’œuvre mais la messe demeure inachevée. Il abandonne provisoirement sa composition durant l’hiver 1783.

La Messe est chantée le 26 octobre 1783, à l’église bénédictine de Saint-Pierre à Salzbourg, Constance tenant la partie de soprano soliste. Il est très probable qu’à cette occasion, on n’ait chanté que le « Kyrie » et le « Gloria », les seuls fragments achevés à l’époque. Le lendemain, Mozart abandonne Salzbourg pour Vienne. Le compositeur ne retournera plus dans sa ville natale. Mozart reprend plus tard la composition de la Messe dont il écrit le « Credo » et la plus grande partie du « Sanctus », puis interrompt une fois de plus son travail.

En 1785, il abandonne définitivement la composition de la Messe.

La Messe en ut mineur représente, de par le caractère grandiose de sa conception et la force de son invention musicale, l’un des sommets de la musique religieuse mozartienne. L’œuvre est écrite pour chœurs mixtes à quatre voix et quatre voix solistes : première et deuxième sopranes, ténor et basse. Certaines pages comportent des difficultés particulières pour les solistes féminines qui doivent rivaliser de virtuosité. La richesse orchestrale est, elle aussi, remarquable.

De par son ampleur formelle, la Messe en ut mineur se distingue du reste des messes de Salzbourg composées auparavant par Mozart. Le langage de l’ouvrage révèle clairement une étape nouvelle et décisive dans la production du compositeur.

En effet, à partir de 1782, Mozart qui vit désormais à Vienne ressent immédiatement une profonde émotion en découvrant les chefs-d’œuvre de Bach et de Haendel dont l’influence est évidente dans la Messe en ut mineur. Le « Qui tollis », par exemple, conçu pour double chœur à huit voix, est composé sur une basse en notes pointées où l’on décèle une claire influence de Bach et de Haendel. Le « Cum sancto spiritu » et le « Hosanna » comportent des fugues superbement élaborées qui révèlent le désir brûlant d’un compositeur de vingt-huit ans de démontrer sa maîtrise parfaite des anciennes techniques du contrepoint.

De par la grandeur de sa conception et la qualité de la musique, la Messe en ut mineur de Mozart s’apparente aux grandes messes de Joseph Haydn et sera un modèle pour les excellentes œuvres de musique religieuse composées, entre autres, par Ludwig van Beethoven ou Franz Schubert.

Eglise St Pierre d’Arène - 52 Rue de la Buffa, 06000 Nice


Auteur : etudiants