L’art en sida, 1981-1997

Rubrique : CULTURE

Conférence présentée par Thibault Boulvain

Jeudi 5 mars 2020 - 19h - Villa Arson - Nice

Conférences d’Histoire de l’Art et des Idées

De novembre 2019 à mai 2020 (certains jeudis à 19h) Ouvertes à tous les publics. Entrée libre

Le cycle de conférences d’Histoire de l’Art et des Idées que la villa Arson – école nationale supérieure d’art – inaugure cette année s’inscrit en appui de l’enseignement qui y est donné.

Il entend répondre au principe qui depuis toujours prévaut à l’école : pratiquer et penser l’art constituent un seul et même objectif.

C’est sous le signe de la pluralité que s’inscrit ce cycle. Les présentations de chaque intervenant ne répondent pas à une ligne ou à une thématique prédéfinie mais font état des recherches de chacun d’entre eux, des travaux qu’ils ont engagés ou des chantiers qu’ils vont ouvrir.

Il en ressort une grande diversité qui reflète la richesse du questionnement actuel sur l’art : notifier les rapports de l’art contemporain à la préhistoire ; questionner, à travers l’œuvre d’un artiste, la relation de l’art à l’histoire ; dévoiler dans celle d’un autre son refus de la modernité ; rendre compte du projet récurrent de faire fusionner art et vie ; analyser les effets de la maladie sur la production artistique ; examiner le contexte de moralisation et les conséquences sur l’art de la censure éthique ; interroger la notion de « genre » dans l’art ou poser la délicate question de la restitution des œuvres issues d’autres pays ou d’autres cultures.

Autant d’interrogations qui, opportunément, évoquent l’actualité de notre monde, discutent des choix opérés et analysent les idées qui y circulent.

Ce cycle est ouvert à tous les publics. L’entrée y est libre et gratuite.


L’art en sida, 1981-1997
par Thibault Boulvain

Jusqu’en art, la crise du sida est un tournant majeur de l’histoire contemporaine. Notre intervention couvrira la période allant de ses origines (1981) à la révolution thérapeutique de la fin des années 1990, et s’intéressera à son impact sur les artistes américains et européens et leurs œuvres. Ceux-ci, sur la question, ont trop rarement été regardés ensemble, et pourtant : de Cindy Sherman à Derek Jarman, de Niki de Saint Phalle à Jeff Koons, de Gilbert & George à Jenny Holzer, de Michel Journiac à David Wojnarowicz, l’on repère le même saisissement dans les représentations, qui ne pouvaient alors plus être les mêmes, et pour cause. Y est en effet passé tout ce qui travaillait les sociétés occidentales au temps de l’épidémie, et d’abord le pire d’elles-mêmes, qui se défoulait dans un espace social considérablement abîmé par la crise épidémique. Les images s’en souviennent, comme des forces de résistance qui lui furent opposées, et de la volonté intraitable de n’y rien céder, de sortir par tous les moyens d’une situation bloquée. Il s’agit alors d’envisager la possibilité d’écrire une histoire de la maladie à partir des très nombreuses représentations qui la firent autant qu’elles ont été provoquées par elle.

Historien de l’art et historien, docteur en histoire de l’art de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Thibaut Boulvain a été chargé d’études et de recherche à l’INHA (2013-2016). Boursier postdoctoral de la Fondation de France, il est rattaché au Centre de recherche Histoire culturelle et sociale des arts, université Paris 1 Panthéon- Sorbonne, Paris. Auteur de nombreux textes, il a notamment publié dans Les Cahiers du Musée national d’art moderne, La Revue de l’art et Perspective : actualité en histoire de l’art. L’art en sida. Les représentations de la séropositivité et du sida dans l’art américain et européen, 1981-1997, l’ouvrage issu de sa thèse de doctorat, paraîtra en 2020 aux presses du réel. Il est enseignant à l’École du Louvre, où il anime le séminaire « Explorer les soleils. Les artistes contemporains et le monde méditerranéen. 1950 à nos jours », à la Faculté des humanités de l’Université catholique de l’Ouest (Angers), enfin à Sciences Po Paris.


+ d’info https://www.villa-arson.org/2019/09...

VILLA ARSON
20 av Stephen Liégeard, Nice.


Auteur : etudiants