L’ÉCHAPPÉE VIVE

Rubrique : Sortir

Une création cinématographique de Catherine Libert et Marie Losier

Projections du 12 juin au 31 août 2015, dans la Galerie carrée du centre d’art - Villa Arson - Nice

tous les jours, sauf le mardi, toutes les 1/2 heures de 14h à 18h / de 14h à 19h en juillet et août.
Entrée libre.


L’ÉCHAPPÉE VIVE
Une commande de la Villa Arson | Commissariat : L’ECLAT
Co-production : Villa Arson – L’ECLAT

Lorsqu’en 1930, Jean Vigo tourne « A Propos de Nice », la Promenade des Anglais est pour lui un immense observatoire, microcosme de la société française d’alors. Plus de trente années après, quand l’artiste plasticien Martial Raysse, dans le documentaire sur l’École de Nice de Gérard Patris, filme ce même lieu, les passants de la Promenade deviennent sous son regard des « sculptures de Brancusi », les hôtels et palaces se transforment « en crème glacée et en nougat »… Quelle est l’histoire apparente de cette Promenade des Anglais ?

Ainsi, la Villa Arson a proposé à L’ECLAT un commissariat à partir de ce motif qui a conduit au choix des deux cinéastes, Marie Losier et Catherine Libert pour la création filmique d’un « portrait » de la Promenade des Anglais.

Marie Losier a tracé son parcours de cinéma entre la France et les Etats-Unis ; Catherine Libert, entre la France et l’Italie. Les deux artistes ont en commun un geste cinématographique vif, un regard attentif et bienveillant pour les personnes qu’elles filment. Habituées aux portraits d’artistes, elles dressent à leur manière, celui d’un lieu arpenté de tout temps par des artistes, cinéastes, plasticiens, performeurs ou poètes. Dans l’esprit du jeu de collage, les images d’hier, au registre différent – des images récoltées dans des films, des cartes postales anciennes -, se superposent, par une série d’effets cinématographiques, avec des images actuelles.

Quelques rencontres ont lieu sur la promenade, les badauds, les gens qui travaillent dans les hôtels et des artistes (Noël Dolla, Daniel Biga, Ben). Tout comme Jean Vigo, cette création cinématographique montre l’étendue des possibles que génère cette promenade. Peu à peu, des images de l’École de Nice font irruption dans le film, la Promenade devient le lieu d’une mise en scène permanente, des déviations de Ben, jusqu’à une réécriture du réel complété avec Martial Raysse.

Ce film d’artistes joue en permanence sur ce décalage entre les apparences et la réalité et permet de retracer l’iconographie somptueuse du plus célèbre bord de mer. Il rend également hommage à tous ceux qui l’ont contemplé au cours d’un siècle de cinéma.
Cette création sera projetée dans la Galerie Carrée de la Villa Arson.

Premières publiques le vendredi 12 juin de 14h à 18h. Projections du 13 juin au 31 août 2015, dans la galerie Carrée du centre d’art, tous les jours, sauf le mardi, toutes les demi-heures de 14h à 18h (de 14h à 19h en juillet et août). Entrée libre.


Marie Losier
Née en France en 1972, Marie Losier a étudié la littérature à l’Université de Nanterre et les Beaux-Arts à New York où elle a longtemps assuré la programmation de films à l’Alliance Française. Elle a réalisé de nombreux portraits avant-gardistes pour le compte de réalisateurs, musiciens et compositeurs tels Alan Vega, Guy Maddin, Richard Foreman, Tony Conrad et Genesis P. Orridge. Capricieux, poétiques, oniriques et non conventionnels, ses films explorent la vie et le travail de ces artistes. Ils sont régulièrement présentés dans de prestigieux festivals (Berlin, Rotterdam, Tribeca, etc.) et musées tels que le Tate Modern, le Whitney Bienniale, le Moma, le Centre Pompidou, la Fondation Cartier.
Filmographie sélective : The ballad of Genesis ant Lady Jay ; Bim, Bam, Boom, Las Luchas Morenas ; Tony Conrad DreaMinimalist.

Catherine Libert
Diplômée en réalisation cinéma à l’INSAS en 1995, après la réalisation d’un premier court-métrage « Dans le noir » dans des conditions classiques de cinéma de fiction, elle entame un parcours plus autonome avec ses documentaires « Benjamin, portrait d’un départ » et « Nul ne sait ce que peut un corps ». Elle profite de la création du labo Bruxelles pour apprendre les techniques de développement artisanal et puis elle réalise son premier long-métrage de fiction « Phénix ». Elle participe également au travail de restauration et de diffusion des films inédits de Pierre Clémenti. De film en film, son langage cinématographique se singularise de plus en plus dans une démarche artisanale et poétique pour un cinéma qui tient plus au domaine des perceptions que de la narration. Elle entame une série de long-métrages dédiés au cinéma indépendant italien avec « les Champs brûlants » qui remportera le prix du jury à Turin et sera présenté dans de nombreux festivals (Locarno, Cinéma du Réel, Lussas,…).
Lauréate à l’académie de France à Rome en 2012, elle profite de son séjour d’un an à la Villa Médicis pour poursuivre ses recherches autour de l’histoire du cinéma italien et tourner le deuxième chapitre de cette série « Des provinces lointaines ». Elle travaille aussi en tant que monteuse pour d’autres réalisateurs Antoine Barraud, Maureen Fazendeiro, Marie Losier…
Filmographie sélective : Phénix ; Des provinces lointaines ; Les Champs brûlants.


L’ECLAT
Pôle Régional d’Education Artistique et de Formation au Cinéma PACA, L’ECLAT assure une circulation entre la diffusion, la formation et la création dans le domaine des arts visuels et sonores. S’adressant à tous, l’association favorise la rencontre des arts, en plaçant le cinéma dans un débat avec les différentes formes artistiques. Son implantation au sein de la Villa Arson fait de L’ECLAT un lieu d’observations et d’expériences portant une attention particulière aux mutations techniques et esthétiques qui interviennent dans la production des images et des sons, ainsi qu’aux différentes manières de les montrer.


Auteur : etudiants