Festival du Livre de Nice "Leçons de vie"

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du 5 au 7 juin 2015 - Vieux-Nice

Le Festival du Livre de Nice 2015 rassemble dans la Vieille-Ville, les passionnés du livre, les amoureux de la lecture, tous les gourmands des mots. Du 5 au 7 juin 2015, romanciers, essayistes, poètes, polémistes, ils seront plus de 200 écrivains pour fêter à Nice cette vingtième édition placée sous la présidence de Françoise Chandernagor de l’Académie Goncourt. Dédicaces, débats, rencontres, animations et lectures ponctueront ces trois journées d’échanges, de discussions et de belles découvertes.

VINGT ANS !
Vingt ans ? Ça se fête ! Et pas un peu. À Nice, d’une année littéraire à l’autre, le temps a passé comme un souffle. Le Festival a grandi. Grâce à lui, Nice est aujourd’hui l’une des capitales du livre en France. L’histoire de cette manifestation se mêle à celle de la Ville. Elle témoigne clairement de son attention et de son engagement pour la culture. Pour les lecteurs. Pour les auteurs. « Les jambes de vingt ans sont faites pour aller au bout du monde », écrit Christian Bobin dans son magnifique texte sur François d’Assise, Le Très-bas (Gallimard, 1992). Bonne route au Festival du livre de Nice. Les plus belles années sont toujours à venir.

LEÇONS DE VIE
« Il faut être pris pour avoir appris », dit dans son franc-parler la Ragotte de Jules Renard. Pour passer de l’ignorance à la conscience, nous avons besoin d’autant de « Leçons de vie » qui donnent le sens de nos existences. Qui nous dirigent à chacun de nos apprentissages, à chacune de nos expériences. Il en est de même des destins exemplaires, réels ou inventés. Ainsi la littérature nous guide-t-elle. D’un livre à l’autre… Le roman, le récit, sont-ils des « Leçons de vie » ? C’est tout le thème du Festival cette année.

TOUTE L’ACTUALITÉ DU LIVRE AUJOURD’HUI
Les auteurs et les livres dont on parle sont présents à ce 20e Festival du Livre de Nice 2015. Douglas Kennedy, après Cet instant-là, Cinq jours et les nouvelles Murmurer à l’oreille des femmes signe son dernier titre Mirage ; Régis Jauffret donne sa vision noire de la vieillesse avec Bravo recueil de nouvelles grinçantes et cyniquement réjouissantes ; et Cypora Petitjean-Cerf donne la parole aux élèves du collège de banlieue où elle enseigne les Lettres dans Ce jour-là, j’ai commencé à détester les terroristes. Elle fait entendre leurs opinions spontanées et franches, au lendemain des attentats survenus à Charlie Hebdo et à l’Hyper Cacher. Explore leurs réactions et tente de comprendre qui est vraiment cette jeunesse qu’on écoute finalement peu. A méditer… Vous pourrez rencontrer le philosophe Michel Onfray qui vient de publier Cosmos, premier volume d’une trilogie qu’il a intitulée « Brève encyclopédie du monde ». Ainsi que le paléoanthropologue Pascal Picq (Le Retour de Madame Neandertal. Comment être sapiens ?), l’astrophysicien Jean-Pierre Luminet (L’astronome de Samarcande), l’ancien procureur de la République Philippe Bilger pour Ordres et désordres, ou le grand spécialiste de la Russie Vladimir Fédorovski (La volupté des neiges). Et aussi (si vous aimez l’actualité et l’air du temps), toute une petite troupe d’auteurs journalistes et « célébrités » d’Audrey Pulvar à William Leymergie, Ghislaine Ottenheimer, Laurent Joffrin, Daniel Picouly, Éric Naulleau, Serge Moati, Patrick de Carolis, Guy Carlier, Christophe Ono Dit Biot, Benjamin Petrover, Irène Inchauspé, Hélène Constanty, Mylène Demongeot, Estelle Lefébure, ou Sophie Davant. Avec, au détour des allées, encore et toujours des romancières et des romanciers Simonetta Gregio, Valérie Tong Cuong, Catherine Enjolet, Agnès Martin-Lugand, Didier van Cauwelaert, Salim Bachi, Sylvain Tesson, Marc Levy et tant d’autres… Ils vous attendent.

DES DÉBATS, DES RENCONTRES
Rejoignez les auteurs invités dans les échanges, les discussions, les tables rondes du Festival. Partagez avec eux les expériences de vie, les regards sur le monde, la société, l’histoire, les arts, et la littérature. Enrichissez-vous de nouvelles connaissances et aiguisez votre goût de la controverse. Parmi les rendez-vous attendus cette année, la rencontre, animée par Franz-Olivier Giesbert, entre Michel Onfray et Éric Zemmour sur le thème : « Peut-on encore débattre en France ? Le choc des idées » Tout un programme !

CHANDERNAGOR, PRÉSIDENTE DU FESTIVAL
Elle porte le nom d’un ancien comptoir français de l’Inde. Tout cela à cause d’un lointain aïeul du XVIIIe venu de là-bas, Charles-François, dit « Bengale » ou « Chandernagor », esclave affranchi. Lequel épousera une fille de la Creuse. De quoi donner le goût de l’Histoire et des histoires. Première femme à sortir major de l’ENA en 1969, Françoise Chandernagor a fait toute une carrière de haut fonctionnaire au Conseil d’État. Mais sa vraie vocation, c’est l’écriture. En 1981, elle publie L’allée du roi chez Julliard, le roman à la première personne de la vie de Mme de Maintenon, la veuve Scarron, devenue l’épouse secrète du roi Louis XIV après la mort de Marie-Thérèse en 1683. Le succès est immédiat. Viendront une quinzaine d’autres titres, romans contemporains, romans historiques, tous habités par le même souci de vraisemblance, de vérité. Françoise Chandernagor se glisse dans chacun de ses personnages comme dans autant de secondes peaux. Elle les incarne. Elle vient ainsi de publier chez Albin Michel, Vie de Jude, frère de Jésus, où elle raconte le quotidien des tout débuts du christianisme par la voix d’un homme simple et fragile qui suit son déroutant aîné sur les routes et continue à prêcher sa parole après qu’on l’a crucifié. Une magnifique évocation. Françoise Chandernagor est membre de l’académie Goncourt depuis vingt ans cette année. Vingt ans ? Comme le Festival de Nice. Quelle coïncidence…

L’HOMMAGE À LOUIS NUCÉRA
Il aimait sa femme Suzanne, la littérature, les chats, la bicyclette, les copains, et Nice. Louis Nucéra y était né le 17 juillet 1928. Il est mort juste 25 kms au nord, à Carros, en 2000, fauché par un chauffard alors qu’il faisait du vélo. Sa ville est au cœur de ses livres. Il en a publié trente depuis L’obstiné en 1970, en passant par l’Avenue des Diables Bleus (prix Goncourt 1979) ou Chemin de lanterne (prix Interallié 1981). Son œuvre a été couronnée par l’Académie française en 1993. Nice n’a jamais oublié cet écrivain doux et généreux, ami de Joseph Kessel, de Jean Cocteau, de Georges Brassens, de Cioran, de Picasso et de tant d’autres, célèbres et moins célèbres. En 2002, son nom est donné à la magnifique bibliothèque conçue par les architectes Yves Bayard et Francis Chapus associés au sculpteur Sacha Sosno (à qui l’on doit, dans l’ensemble du bâtiment, « La tête carrée », première sculpture habitée du monde), puis en 2005 à un collège de « ses » quartiers Est. À un critérium cycliste aussi, en mars, en attente du Paris-Nice, sur la Promenade des Anglais…« Nice est un joyau », disait-il. Cette année, tables rondes, lectures, animations, pour les 15 ans de sa disparition, le Festival lui rend un enthousiaste hommage.

LE 20e PRIX NICE BAIE DES ANGES
Il sera décerné en ouverture du festival, le 5 juin. Le jury, présidé par Franz-Olivier Giesbert réunit Paule Constant, Irène Frain, Aurélie de Gubernatis, Didier van Cauwelaert, Laurent Seksik, Jean-Luc Gag, conseiller municipal délégué au patrimoine historique, à la littérature, à la lutte contre l’illettrisme, au théâtre et à la langue niçoise, et Nicolas Galup, rédacteur en chef d’Azur TV. Une sélection de dix lecteurs les rejoindront pour désigner, parmi huit romans, le lauréat 2015. Sont en lice cette année : Jérôme Garcin pour Le voyant (Gallimard) ; Laurence Tardieu pour Une vie à soi (Flammarion) ; Patrick Rambaud pour Le Maître (Grasset)
 ; Christel Noir pour La Porte du secret (Héloïse d’Ormesson) ; Serge Joncour pour L’écrivain national (Flammarion)
 ; Christophe Bataille pour L’expérience (Grasset) ; Charles Pépin pour La joie (Allary)
et Régis Jauffret pour Bravo (Seuil). En 2014 le prix avait été attribué à Sylvain Tesson pour S’abandonner à vivre (Gallimard)


Auteur : etudiants